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Perrine Mandron est chargée de mission FINES au sein d’Hauts-de-Seine Initiative

perrineQuelles sont vos missions au sein de l’association ?

Tout d’abord FINES désigne le FINancement des Entreprises Solidaires. Mon métier consiste à accompagner et financer des structures au moment de leur création et/ou pendant leur développement. Nous expertisons le projet et aidons à monter un plan de développement dans le cadre d’une demande de financement : pour des problèmes de trésorerie (liés à des délais de versements, au cycle d’exploitation), ou lorsqu‘elles souhaitent  réaliser des investissements. Nous  analysons la cohérence de leur évolution économique et organisationnelle, leur stratégie et leur capacité d’endettement et les aidons à monter un plan de financement. La démarche FINES ne s’arrête pas à l’aspect financier seul mais à un regard extérieur sur toute l’organisation de la structure,  que ce soit économique ou organisationnel, la répartition des ressources humaines, la stratégie commerciale, le positionnement sur le territoire… Chaque année, un suivi est organisé : nous faisons un bilan de leur évolution, de leurs comptes et des objectifs que nous avons fixés avec elles. Les apports peuvent aller de 5 000€ à 1 000 000€, sachant qu’au-delà de 100 000€ l’expertise est réalisée avec notre réseau, France Active.

Quels sont les enjeux de FINES ?

L’enjeu principal est de consolider les structures de l’ESS : à la fois sur leur action et sur les emplois qu’elles portent, dans un contexte qui est actuellement difficile. Peu de dispositifs d’accompagnement existent au niveau de l’ESS ; nous apportons avec FINES une expertise qui permet de répondre aux besoins financiers exprimés par les structures, mais qui va également leur permettre de bénéficier de conseils et d’un regard extérieur sur leur activité. En 2010, FINES a financé 15 structures des Hauts-de-Seine et en a accompagné 42. Le but étant de voir ce chiffre progresser en 2012 ! Par ailleurs, nos outils permettent aux structures d’être plus facilement bancarisées. L’expertise FINES donne un gage de qualité  aux banques et autres financeurs. Lorsque les structures obtiennent un prêt via FINES, cela engendre un effet de levier auprès des banques, que ce soit grâce à la garantie mais aussi grâce à l’expertise qui a été menée avant qu’ils n’obtiennent le prêt.

Rencontrez-vous des difficultés ?

Les structures ont parfois peur de s’endetter, alors que nos outils de financement ont été créés précisément pour les aider ; les taux de nos prêts sont très faibles, voire nuls ! L’obtention d’un financement peut être un véritable tremplin pour les structures : l’expertise réalisée en amont et le prêt vont à la fois les aider à optimiser leur gestion et représenter un réel appui à leur développement. Une autre difficulté réside dans l’hétérogénéité des niveaux d’analyse économique et financière de nos interlocuteurs. Notre travail consiste alors à leur apporter ces notions  et à déterminer ensemble  les points positifs et négatifs au sein du modèle économique de leur structure ; dans tous les cas, nous attachnons à avoir un rôle de pédagogie financier, ce qui est aussi la valeur ajoutée de FINES !

Quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur social qui souhaite se lancer ?

Mon premier conseil est d’essayer de se tisser un réseau et de piocher l’information partout où il pourra. Il est vraiment nécessaire de créer un lien avec ses financeurs et avec les réseaux pour voir son activité se pérenniser. Aussi, l’entrepreneur qui souhaite se lancer dans l’ESS peut obtenir des conseils auprès de structures du secteur, des réseaux, des financeurs et autres futurs partenaires... On parle de ressources financières hybrides car elles proviennent  à la fois de ressources propres et publiques ; il est donc important d’avoir accès à l’information pour réussir à créer un modèle qui va fonctionner, c’est-à-dire ne pas générer de pertes.

Enfin, il ne faut pas voir l’aspect financier du projet comme un frein : il est impératif d’aller plus loin que le préjugé qu’une association ne peut pas faire d’excédents. Au contraire, il est nécessaire qu’elle en fasse pour les réinvestir dans le projet afin de développer leur activité !


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