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Philippe Carreau a créé COPIVER, entreprise adaptée dans l’impression numérique

Présentez-nous votre activité en quelques lignes :

Il s’agit d’une entreprise adaptée positionnée sur une technologie récente : l’impression numérique. Copiver fait de la reprographie et de l’impression numérique noir et blanc  ainsi que couleur (nous sommes quasiment les seuls en IDF à travailler sur ce type d’impression). Notre matériel nous permet de répondre à des exigences élevées sur les supports que nous traitons, notamment : les journaux internes, les newsletters, les dépliants, les brochures et autres plaquettes commerciales, ainsi que de les router.

Racontez-nous votre parcours, qu’est-ce qui a fait de vous un entrepreneur de l’ESS ?

Je suis journaliste d’entreprise de formation.  J’ai eu l’occasion de collaborer avec de nombreux journaux internes, à la fin des années 80. Il a suffi d’une rencontre inattendue avec un DRH de premier plan. Je suis parti sur l’idée d’une entreprise adaptée, ou plutôt à cette époque, d’un atelier protégé. J’ai aujourd’hui 48 ans et je dois avouer ne pas regretter ce choix un seul instant. Pendant plus de 20 ans, j’ai dirigé des entreprises adaptées dans des activités très différentes.

Avez-vous rencontré des difficultés ? Des choses plus faciles à mettre en place ?

La difficulté de mes premières heures dans ce métier a été de manager une équipe alors que je n’étais pas encore formé, notamment les employés souffrant de problèmes psychiatriques.  Aujourd’hui, les entreprises adaptées sont composées de personnes à déficience légère, physique et/ou psychique, qui sont, malheureusement, écartées du marché de l’emploi  par peur de l’évolution de leur handicap. Les orientations vers nos établissements sont beaucoup plus pertinentes et encadrées. Cela nous permet de développer de véritables logiques et dynamiques d’entreprise. Elles nous positionnent sur les marchés comme des interlocuteurs professionnels à part entière. L’entreprise adaptée à ses contraintes mais il ne faut pas oublier ses avantages. Elles se situent dans le quotidien, dans la reconnaissance des gens que l’on recrute, qui déploient des énergies souvent stupéfiantes au travail et un attachement réel à l’entreprise.

Comment avez-vous rencontré HDSI et comment vous-a-t-elle aidé ?

J’ai connu HDSI par mon cabinet d’expertise-comptable ainsi que par mon associé qui avait fait appel à l’association dans le cadre du développement d’une autre entreprise adaptée. La valeur ajoutée de l’association pour une société  jeune comme la nôtre est tout à fait considérable. Ses conseils et son accompagnement sont extrêmement structurants à un moment de la vie de l’entreprise où, la tête dans le guidon,  on pêche souvent en termes de réflexion et de projection à 3 ans, même lorsqu’on a de l’expérience. C’est ensuite un formidable levier pour l’investissement lorsque le projet est retenu car l’association s’engage à nos côtés financièrement et permet d’y associer des banques en validant notre projet  et en apportant au cautionnement sur le prêt.

Quelles ont été les aides accordées par HDSI ?

Dans un premier temps, les aides ont été financières. Elles équivalent à un tiers pour un dossier d’investissements bouclé à 150 KE. Les 100 KE restants ont été apportés à parts égales par Copiver, par ses dirigeants (1/3) et par une banque associée au projet (1/3) et bien sûr stimulée au travers d’un cautionnement partiel accordé par HDSI. Ce qui m’a le plus étonné dans l’association et ses chargés de mission, c’est la permanence dans le suivi et l’intérêt pour notre entreprise qui s’est vue proposé à 1 an, un accompagnement faisant là aussi l’objet d’une prise en charge, pour la mise en place d’outils de suivi et de gestion de l’activité.

Quels sont les projets à venir ?

L’acquisition de  nouvelles machines d’impression, encore et toujours. Dans notre activité, on assiste à une véritable course à l’investissement. Et puis bien sûr, assurer la formation du personnel, la montée en compétence. Puis, pourquoi pas, une percée à terme sur d’autres pans de la chaine graphique dans les domaines de la création, de la mise page et pour la partie mailing, dans la gestion de données variables.

Parlez-nous de l’importance du réseau…

Travailler en réseau est naturellement essentiel. Qu’il s’agisse de l’appui d’associations comme HDSI, de fondations comme Vinci, qui a été un fort soutien dans le projet, ou d’organisations comme le GESAT ou l’UNEA qui nous représentent et nous ouvrent la voie de marchés de grandes entreprises mais aussi désormais de marchés publics. C’est toujours par le réseau que le développement s’opère. Vivre seul et en reclus son projet est à mon sens de nos jours suicidaire.

Si vous pouviez donner un conseil à un créateur pour réussir un projet qui s’inscrit dans le cadre de l’ESS ?

Lui dire que cette économie est forcément d’avenir, que la solidarité est génératrice de bien des développements de nouvelles richesses, et que chaque projet mené à terme influe positivement en leur périphérie sur d’innombrables personnes.


Partenaires HDSI